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LE SUD GLOBAL POUR LA JUSTICE CLIMATIQUE

Publié le 12 mars 2026

Environ 200 délégations d’États se sont réunies à Belém, au Brésil, du 10 au 21 novembre 2025 pour parler du climat. 

De Belém/Brésil
P. Fernando Zolli, mccj

 
La COP30 s’est achevée à Belém, au Brésil, au cœur de la forêt amazonienne. Comme le montre la déclaration finale, le résultat est décevant. Le Brésil, pays organisateur, avait proposé trois priorités: stopper la déforestation, éliminer les énergies fossiles et créer un fonds pour atteindre les deux objectifs précédents.
Parallèlement, le Dôme du Peuple (30 000 participants) et le Dôme de la Jeunesse et des Adolescents (plusieurs centaines) ont été construits à l’Université fédérale de l’État du Pará (UFPA). De nombreux représentants d’associations sociales et de groupes pastoraux étaient également présents. Par ailleurs, le Groupe Tapiri, organisation religieuse et œcuménique rassemblant des mouvements ecclésiaux et des familles religieuses engagés dans la promotion de l’écologie intégrale et de sa spiritualité, a organisé une importante marche mondiale le 16 novembre 2025 dans les rues de Belém, réunissant plus de 70 000 participants, principalement des jeunes.



L’heure est à la résilience.
Parmi les trois priorités proposées dans l’agenda, seule la collecte de fonds a franchi une première étape significative avec la création du TFFF (Tropical Forest Forever Facility), un fonds novateur pour la conservation des forêts tropicales. Ce fonds sera distribué aux pays tropicaux qui protègent leurs forêts, encourageant ainsi la conservation à grande échelle et la réduction de la déforestation. Sur les 125 milliards de dollars alloués, la première étape a consisté à collecter 7 milliards de dollars auprès de divers États et de particuliers. En matière de protection des forêts, seul le gouvernement brésilien s’est engagé à atteindre zéro déforestation d’ici 2030. Les autres délégations se sont contentées de confirmer la feuille de route de  la COP29, tenu à Azerbaidjan.
Concernant la sortie progressive des énergies fossiles, aucune mesure concrète n’a été prise, hormis quelques recommandations. Cependant, tout n’est pas perdu! Quatre-vingts délégations, avec le soutien du président de la COP30, Correa Do Lago, et menées par la délégation colombienne, ainsi que les Pays-Bas, l’Espagne, le Royaume-Uni et bien d’autres, ont décidé de se réunir à Santa Marta, en Colombie, en 2026, afin d’approuver une feuille de route. Cette proposition a été rejetée par une soixantaine de délégations, principalement les pays qui polluent le plus: l’Arabie Saoudite, producteur de pétrole, ainsi que par des pays fortement industrialisés comme les États-Unis (responsables de 12% des émissions de CO2), la Chine (responsable de 29% des émissions de CO2), la Russie, l’Inde, etc. Il s’agit d’un geste important de la part de plusieurs nations, qu’il ne faut pas sous-estimer et qu’il convient d’accueillir avec intérêt, en offrant soutien et encouragement.

Changer de cap
La COP30 servira de modèle pour l’avenir, notamment grâce à l’importance croissante des peuples autochtones, y compris les Qiuilombolas d’ascendance africaine, et à la forte présence des jeunes et des femmes, ainsi que des mouvements citoyens. Il convient également de souligner la première participation des représentants de peuples autochtones d’Afrique, tels que l’association GOVA (Groupement des Organisations Villageoises d’Auto-Développement) de la province de la Tshopo en République Démocratique du Congo. Pour la première fois, 900 représentants de peuples autochtones d’Amérique Latine, gardiens des forêts, ont été admis dans la zone bleue, réservée aux délégations officielles, afin de présenter leurs propositions pour enrayer le changement climatique.


L’engagement des Églises du Sud
La COP30 s’est tenue l’année du 10e anniversaire de l’encyclique «Laudato Si’» du Pape François, qui aborde les questions environnementales et sociales. Si la proposition du Pape François n’a guère trouvé d’écho dans les agendas pastoraux des Églises, récemment, des avancées encourageantes ont été constatées. En témoigne notamment la présence, à la COP30, d’une cinquantaine d’évêques et de neuf cardinaux venus de tous les continents. C’est l’expression d’une Église tournée vers l’extérieur, de plus en plus attentive aux défis mondiaux qui menacent le bien-être de l’humanité, en particulier des populations exclues. Les évêques du Sud ont publié une déclaration commune appelant à une action climatique ambitieuse et à la mise en oeuvre des Accords de Paris.
 

Axe transversal d’évangélisation
Depuis plus de 20 ans, la Famille Combonienne est présente lors d’événements mondiaux, tels que le Forum social mondial, et de rencontres thématiques, comme celles sur l’eau en 2012 au Brésil (Rio 20). L’organisation des mouvements des peuples autochtones de la forêt amazonienne en 2022 à Belém (FOSPA), entre autres.
Lors du dernier Chapitre général de l’Institut Combonien (2022), une décision importante a été prise: adopter l’écologie intégrale, qui s’inscrit également dans la défense des droits humains et la promotion d’une culture de paix et de réconciliation. Dans la déclaration finale, les 39 participants de la Famille Combonienne (religieuses, laïcs, Pères et Frères Comboniens) présents à la COP30 ont déclaré: «Nous nous sommes réunis à Belém avec la conviction qu’en ce moment décisif, des pages importantes de l’histoire s’écrivent, portées par les revendications et les propositions des communautés en faveur du multilatéralisme des peuples, contre tout négationnisme et contre les intérêts de ceux qui privilégient le profit à la vie.» Lors de la célébration finale, nous avons renouvelé le «pacte combonien pour la Maison Commune.»


 
«Sans nature, pas d’humanité»
Les  propositions des enfants et des adolescents pour ont été présentées lors de la cérémonie de clôture. Leur appel est une invitation à les impliquer immédiatement, dans les écoles, les groupes paroissiaux et les associations familiales… afin de les sensibiliser à l’écologie intégrale et de les inciter à s’engager dans la promotion des droits de la nature et de l’humanité.
 
 
 

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